Reportage en Ukraine
Un gigantesque potentiel à exploiter en grandes cultures
Des terres si noires que, sous le soleil, elles en deviennent violettes. Des plaines sans fin. Même vues d’avion, les spécificités de l’agriculture ukrainienne sautent aux yeux. Dix-huit ans après sa sortie de l’ex-URSS, le pays a su reprendre une place de choix dans le paysage céréalier mondial, grâce à ses tchernoziums que le monde entier lui envie… et malgré un manque criant de moyens. Car, non, les agriculteurs ukrainiens ne sont pas tous équipés de tracteurs dernier cri pour travailler leurs parcelles de 100 à 300 ha. 80 % de l’équipement sont obsolètes, ce qui handicape considérablement la production. Et le problème ne sera pas résolu à court terme, compte tenu des effets dévastateurs de la crise financière sur le pays, qui pèse également sur les achats d’intrants. Qu’à cela ne tienne, le potentiel de l’Ukraine ne sera pas remis en cause pour autant, pas plus en grandes cultures qu’en productions animales, où tout reste à faire. C’est l’une des idées à retenir du voyage organisé en Ukraine par l’Afja (Association française des journalistes agricoles) du 10 au 17 mai.
Sourire jovial, chaussures à la mode parfaitement cirées et grosse montre brillante à son poignet, Grigoriy Souproun affiche indéniablement des signes de réussite. En 1991, l’agriculteur a monté une exploitation agricole de 4 000 hectares à partir du kolkhoze du village de Kolomiytsivka, au nord de Kiev. Il emploie aujourd’hui plus de 100 personnes. Malgré un équipement peu perfectionné et de faibles apports en intrants, il obtient de bons rendements. « Nos 1 000 hectares de blé tendre fournissent en moyenne 75 q/ha par an », explique-t-il.
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