La tomate bio et son «plafond de vert»

Depuis 2020, il faut attendre le 1er mai pour trouver de la tomate bio française sur les étals. Exclusivement française, cette règle vise à limiter le chauffage des serres. Pour l’instant, la nouvelle réglementation ne semble pas avoir déclenché, comme craint, de report majeur des consommateurs vers d’autres origines, non soumises à cette contrainte. Comme attendu, les serres chauffées en projet en 2019 n’ont pas vu le jour. La production française de tomate bio continue malgré tout sa montée en puissance, face à certains concurrents nordiques touchés par les prix élevés de l’énergie. Mais des difficultés apparaissent. S’ajoutant à la crise de marché actuelle du bio, les deux mois de manque à gagner pèsent sur les exploitants. Certains produisent avant le 1er mai et valorisent leurs tomates en conventionnel, d’autres ont décalé leurs mises en place, mais tous ressentent une pression accrue sur les prix. Pour l’heure, aucun n’a jeté l’éponge. Mais cela pourrait changer en 2025. L’Inao requiert une transition énergétique, qui est pour l’instant mal engagée.
Dans un rapport sur la Ferme France adopté en septembre, le sénateur Laurent Duplomb (LR, Haute-Loire) et ses pairs dénonçaient l’échec de « la stratégie de montée en gamme » de la filière tomate. Faute d’une « politique de compétitivité » soutenue par le gouvernement, les producteurs ont délaissé le cœur de gamme pour se consacrer au haut de gamme, un marché de niche qui désormais leur échappe, expliquent-ils.