L’agriculture mahoraise de Charybde en Scylla

Déjà en proie l’an passé à sa pire sécheresse depuis 1997, minée depuis plusieurs années par les vols et l’insécurité, mais aussi par les exploitations « clandestines » et leurs pesticides interdits, l’agriculture mahoraise (5 900 ha, 4 300 exploitations) vient d’être ravagée par le cyclone Chido. Le bilan humain et matériel s’annonce lourd. Les cultures maraîchères et les bananeraies sont anéanties, tout comme les bâtiments et le cheptel de volaille de chair. Seule la production d’œufs est en partie debout. L’urgence est à dégager les voies logistiques, et approvisionner l’île en eau potable et nourriture. Le président de la chambre d’agriculture demande une aide alimentaire d’au moins un an, ainsi qu’un plan de reconstruction de l’agriculture locale. Habituellement autonome pour le tiers de sa consommation, l’île est condamnée à importer presque toute sa nourriture pour de longs mois.
Preuve de la dévastation sur place, administration centrale et syndicats nationaux ont eu du mal à entrer en contact avec leurs interlocuteurs de Mayotte. Électricité et routes coupées, réseaux de communication en rade. Les premières réactions des syndicats agricoles ont mis deux jours à être diffusées, tout comme les premiers bilans chiffrés des dégâts occasionnés par le cyclone Chido le 15 décembre.