Les élevages laitiers français en panne de croissance

Alors que les exploitations laitières françaises avaient connu une forte dynamique de croissance à la sortie des quotas laitiers, leur taille progresse désormais moins vite. Le nombre d’ateliers à plus de cent vaches augmente plus doucement ces dernières années. L’agrandissement des troupeaux ne compense plus les fermetures d’ateliers, et la collecte décroche. Les experts tablent sur une légère poursuite de la croissance des troupeaux, mais s’accordent à dire qu’il n’y aura pas de révolution du modèle laitier avec un essor des fermes de plusieurs centaines d’animaux qui sont monnaie courante à l’étranger. Manque de disponibilité de foncier, de main-d’œuvre, d’avantages économiques, opposition sociétale, les freins sont légion. Et pour ceux qui y parviennent, il faut encore parvenir à réorganiser le travail et trouver son équilibre économique.
Le phénomène s’accélère ces derniers mois : la collecte de lait française décroche par rapport à nos principaux concurrents. Malgré un prix et des marges qui s’améliorent, le cheptel continue de baisser. La première explication – et elle n’est pas nouvelle –, c’est bien sûr le nombre d’élevages qui baisse : les installations ne suffisent pas à compenser les départs et le taux de remplacement en lait est le plus bas de l’agriculture française. En dix ans, le nombre d’exploitations laitières spécialisées est passé de 48 000 à 35 000 en France.